lundi 13 janvier 2020

Philippe Cognée, Carne dei Fiori à la galerie Templon

détail d'une oeuvre

Ce samedi 11 janvier avait lieu le vernissage de la dernière exposition de Philippe Cognée à la galerie Daniel Templon à Paris. En voici quelques extraits à travers mon modeste appareil photo.


C’est dans la toute nouvelle galerie TEMPLON, rue du Grenier Saint-Lazare à Paris inaugurée en 2018 que Philippe COGNEE nous présente sa dernière série Carne dei Fiori. Ce titre en italien nous rappelle aux origines de la peinture européenne de Cimabue à Giotto mais aussi que l’artiste fût Lauréat de la Villa Médicis à Rome en 1990.

Après sa dernière série Crowds en 2017 Philippe Cognée change ici radicalement de sujet pour nous offrir une peinture où chair, nature vivante et nature morte se retrouvent.



D’emblée en entrant dans cette galerie aux grandes baies vitrée ouvertes sur le monde puis à droite dans l’espace d’exposition notre regard est happé par une œuvre monumentale où les tons rouge et noir dominent.





L’artiste est là et discute avec chaque personne désireuse de le voir. J’ai alors pu le rencontrer à cette occasion et lui parler brièvement de mon travail et de ce blog. J’ai découvert un homme souriant et abordable désireux de nous faire pénétrer dans un univers où la peinture est sa préoccupation majeure.

Car le véritable sujet est la peinture même et Philippe Cognée à travers cette nouvelle série où l’artiste aime à rendre compte du désordre ou d’un aspect chaotique des choses nous propose une peinture où la question de notre propre finitude est omniprésente (à lire le très nourrissant La fierté des fleurs de Djamel Meskache, en conversation avec Philippe Cognée et servant de support à cette exposition). Plus que tout l’artiste répond à une urgence créatrice et s’engage une fois de plus avec cette série, et chaque fois avec plus de force, dans la réalité d’un être vivant au cœur de ce monde.

De Carne à Carcasses, sa série de 2003, il n'y a qu'un pas. De la viande d'abattoir aux fleurs Philippe Cognée poursuit sa quête. Ici la fleur et la chair se rejoignent.

détail d'une oeuvre

Alors que ses premières séries du début des années 90 représentaient des objets du quotidien (frigo, machine à laver) ou comme  Jasper Johns déclare en 1959 qu’il désire que le spectateur regarde ses tableaux « comme s’il regardait un radiateur », Philippe Cognée bascule ici de la banalité à la beauté du réel sublimée par sa peinture.


A la vue de ces beautés fanées, flétries sur fond noir la peinture de Philippe Cognée devient obsédante et on a envie de s’y fondre comme la cire de sa peinture elle-même.
Pour monumentale et déroutante qu’elle soit cette série nous plonge dans un univers où l’être humain fait de chair et de sang doit affronter ses angoisses les plus profondes dans un monde en perpétuel mouvement. Pivoines, Tournesols et Amaryllis en memento mori.

Ces Fleurs de chair, inquiétantes Vanités, nous rappellent un monde en déliquescence où la cire vient fondre nos ultimes tentations, nos dernières obsessions où le sexe, la vie et la mort se rejoignent.
C’est en affrontant la fin que l’artiste, par son œuvre, nous procure un sentiment d’éternité.

détail d'une oeuvre


L’exposition est visible jusqu’au 7 mars 2020.

Merci de votre visite sur ce blog,

Bon début d'année 2020 à tous,


A lire :

Djamel MESKACHE, La Fierté des Fleurs, sur les peintures de Philippe COGNEE, Editions Tarabuste, 2019.



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