In July 2025 Petah Coyne talked about my work with three post on her Instagram personal account in July 2025.
Then I asked to Petah Coyne about the possibility of a Conversation/Interview on my blog.
It's such a generous response and I'm really grateful to Petah Coyne and her assistant Miku Sekimoto to take on their precious time to answer to my questions.
There is so much things to say and write about the work and life of Petah Coyne. You can spend hours of listening to her because she's an amazing storyteller!
Après la publication de mon article L'art de Petah Coyne en novembre 2024, puis de mon édition spéciale pour le 10e anniversaire de mon blog en 2025, j'ai proposé à Petah Coyne de réaliser un entretien sur mon blog.
En juillet 2025, Petah Coyne a évoqué mon travail dans trois publications sur son compte Instagram personnel.
Je lui ai alors demandé s'il serait possible d'organiser une conversation/interview sur mon blog.
Ce qui se présentait au départ comme une interview s’est transformé au fil de l’entretien en véritable conversation avec cette artiste hors du commun, profondément humaine et compréhensive quant à ma démarche. Je lui en suis reconnaissant pour le temps qu’elle a pu me consacrer ainsi qu’à son assistante pour avoir pu trouver un créneau au milieu de l’agenda chargé de Petah Coyne. Du fond du cœur merci.
Il y a tant de choses à dire et à écrire sur le travail et la vie de Petah Coyne. On pourrait passer des heures à l'écouter, car c'est une conteuse extraordinaire !
J'espère que vous prendrez plaisir à regarder cette vidéo.
Here is some timestamps for the video / Repères vidéo lors de la conversation
0:00 French Introduction
7:29 About books/ A propos des livres
8:38 Petah Coyne and French litterature/ Petah Coyne et la littérature française
13:17 About Japanese writers/ A propos des écrivains japonnais
19:50 About Van Gogh/ A propos de Van Gogh
22:50 Petah Coyne’s relationship with France : her residency in La Napoule in the 90’s, her relation with French galleries/ Les relations de Petah Coyne avec la France : sa résidence à La Napoule dans les années 90, sa relation avec les galeries françaises
La caméra de Petah Coyne s’allume. J’aperçois son visage souriant et son atelier baigné de lumière avec ce qui semble être le mouvement de la rue à travers les hautes fenêtres. C’est un vrai bonheur de se voir, enfin !
C’est la première fois qu’on peut se parler depuis son intervention, son Keynote à la Conférence Internationale de l’Encaustique à Provincetown en 2024 à laquelle j’avais assisté. Je lui avais alors demandé si son travail avait déjà été exposé en France. Elle m'avait répondu que malheureusement non puis j'ai ensuite décidé d'écrire un article sur son travail qui a vu le jour en novembre 2024. Nous sommes resté en contact par mail depuis.
J’ai aussi le plaisir de saluer son assistante Miku Sekimoto. C’est un grand plaisir de se voir pour la première fois. Elle a fait beaucoup pour la préparation de cette rencontre afin que Petah Coyne soit disponible. Un grand merci à elle !
L’atelier de Petah Coyne est très lumineux. Il y a de nombreuses œuvres avec des fleurs colorées, surement de retour de l’exposition Petah Coyne : How Much A Heart Can Hold qui avait lieu au Chazen Museum of Art jusqu’en mars.
L'interview peut commencer.
Je lui demande de me parler de son enfance et de la façon dont l’art et la sculpture sont entrés dans sa vie.
Sa famille déménageait beaucoup. Son père était militaire mais ils ne logeaient pas dans les casernes réservées aux militaires. Son père souhaitait qu’ils puissent vivre comme tout le monde dans les quartiers extérieurs aux bases militaires. Ils ont vécus à l’étranger, en Allemagne notamment, mais l’endroit qui l’a le plus marqué lorsqu’elle était enfant était Honolulu à Hawaï. Elle était alors en contact avec des populations d’origine asiatique, principalement japonaises, et ce lien avec le Japon lui ai resté toute sa vie.
Elle raconte ses premiers souvenirs lorsqu’elle a 5-6 ans, très tôt. Sa mère permettait à ses trois enfants de vivre des moments de totale liberté en dehors de l’école. Elle les emmenait dans la nature et leur demandait de créer des histoires à partir des choses qu’ils voyaient ou d’objets qu’ils pouvaient ramasser. Petah Coyne construisit ainsi ses premières sculptures et sa mère l’aidait à voir les choses différemment, à avoir un regard neuf sur sa création même alors qu’elle était enfant. Petah Coyne me précise que sa maman pratiquait l’Ikebana qui est un art floral japonais. Peut être faut il voir ici l’importance qu’auront plus tard les fleurs dans les sculptures de Petah Coyne.
A Honolulu sa maman les emmenait voir les baleines. Petah raconte qu’elle disait à sa mère qu’elle ne savait pas où vivait la baleine et sa maman lui répondait « Bien sûr Petah que tu le sait. Tu as plongé dans l’eau, tu as vu la mer, les poissons, c’est là où vit la baleine, tu le sait très bien ! ». Et Petah se disait alors, rassurée par les paroles de sa maman « mais oui c’est vrai j’ai vu tout ça sous l’eau et je vais raconter une histoire magnifique ! ».
Et en rentrant à la maison chacun racontait son histoire. Le soir au coucher leur mère leur lisait l’histoire d’une baleine célèbre, celle de Moby-Dick d’Herman Melville. Petah se renfrognait alors en se disant « Humm son histoire de baleine est bien meilleure que la mienne ! ». Elle était décidée à écrire sa propre histoire.
Cela se passait dans les années 50 et le climat de la guerre entre le Japon et les Etats-Unis était encore frais dans les mémoires mais Petah garde un excellent souvenir de cette période de sa vie et du contact qu’elle avait avec les gens qui habitaient là.
A propos de sa vie débutante d’artiste lorsqu’elle travaillait à Chanel à New York et qu’elle rendait visite à des patients à l’hôpital de Boston.
Alors qu’elle débutait sa vie d’artiste Petah Coyne travaillait chez Chanel à New York pour subvenir à ses besoins et le soir elle poursuivait ses sculptures avec des poissons morts figés dans la résine, ses sculptures DEAD FISH (voir précédemment).
A cette période elle se rendait également dans un hôpital à Boston pour visiter des patients qui étaient en phase terminale de cancer et qui avaient tout simplement besoin de parler à quelqu’un de leurs émotions et Petah était là pour les écouter.
Cela se passait à un moment de sa vie d’artiste où son art était encore en construction et où personne ne s’intéressait à son travail. Elle était alors une parfaite inconnue dans le monde de l’art et a du essuyer de nombreuses critiques blessantes sur son travail. Mais elle y croyait fermement et n’a jamais abandonné.
Je pense que le fait de se retrouver dans un environnement tel que Chanel, où la beauté et l’esthétique est le centre de toute l’attention puis côtoyer des patients en phase terminale de cancer avec tout ce que cela comporte d’empathie et d’émotions diverses sont des éléments personnels de sa vie qui ont du avoir un impact sur son oeuvre.
A propos de sa vie à New York
Petah Coyne vit à New York depuis de nombreuses années. Elle aime l’énergie positive et créative de cette ville et ne ressent pas le besoin de quitter la ville pour se retrouver à la campagne. « Je ne suis pas du genre à avoir une résidence secondaire à la campagne ! » me dit-elle.
Je lui avoue que de mon côté j’ai besoin de retrouver le calme de la nature de temps en temps. N’ayant pas eu d’enfants elle me demande si j’ai des enfants et me répond « oui je peux comprendre qu’avec des enfants on a besoin d’être au calme de temps en temps ».
Sa vie à New York lui a permis lui a permis de se concentrer sur son art et d’utiliser l’énergie créatrice de cette ville pour son travail.
A propos des matériaux utilisés dans son œuvre et de sa découverte des voitures déchiquetées
L’utilisation de différents matériaux, organiques ou non, dans l’œuvre de Petah Coyne semble sans limite. Ses sculptures sont composées d’une variété infinie de matières pour constituer un ensemble esthétique poétique et déroutant à la fois.
Lors de ses différentes interviews et entretiens que l’on peut voir sur Internet et ayant eu la chance de l’entendre lors de la Conférence en 2024, Petah a toujours de nombreuses anecdotes à raconter concernant sa vie et son travail.
Voici l’anecdote que m’a raconté Petah Coyne à propos de sa découverte d’un matériaux insolite qu’elle utilise dans ses sculptures : les voitures déchiquetées ou shredded cars en anglais.
Elle était en visite dans une université américaine, elle aime être au contact des étudiants qui ont l’habitude de penser en dehors des schémas de pensée habituels, et elle demande alors à un étudiant quel est son lieu d’inspiration. L’étudiant l’emmène alors dans une casse automobile et c’est là qu’elle découvre ces voitures déchiquetées. Elle raconte que la voiture de l’étudiant était une vieille guimbarde tellement rouillée que l’on voyait la route défiler à travers le plancher en roulant !
Petah se renseigne alors sur la possibilité d’utiliser cette nouvelle matière pour ses prochaines créations. Ces voitures sont réduites en morceaux, pas seulement compactées comme dans une sculpture de César mais déchiquetées littéralement. Ce matériaux est ensuite réutilisé pour la fabrication de nouvelles voitures.
Le soucis pour Petah Coyne est de pouvoir acheter cette nouvelle matière première qui coûte cher même comme matière recyclable. Elle réussit alors à convaincre un ami sculpteur à elle fortuné qui devient acquéreur d’un stock de voitures déchiquetées sous l’impulsion de Petah Coyne. On connaît sa force de persuasion et sa détermination une fois qu’elle s’est fixé un objectif. A ce propos vous pouvez lire la rencontre de Petah Coyne avec son mari dans mon article L'Art de Petah Coyne.
Découvrez aussi dans cet article les nombreuses oeuvres de Petah Coyne assemblées à partir de voitures déchiquetées et de nombreux autres matériaux.
A propos de l’utilisation de la cire dans son travail
Annie Ernaux : A Woman’s Story/Une femme, A Frozen Women/La femme gelée
Delphine de Vigan : Nothing Holds Back the Night/Rien ne s’oppose à la nuit
Leila Slimani : The Perfect Nanny/Chanson douce
Muriel Barbery : The Elegance of the Hedgehog/ L’élégance du hérisson
Elle parle également d'une résidence qu'elle a pu faire en France à La Napoule, c'était à l'automne 1991. Il s'agit d'une résidence à La Napoule Art Fondation qui est une résidence internationale d'artistes gérée par une fondation américaine.
Juste après sa résidence à La Napoule, Petah Coyne et la chorégraphe suédoise Irene Hultman ont réalisé une performance intitulé Beauty and the Beast : Six Beauties. Les représentations de cette performance ont eu lieu au Neuberger Museum of Art et à l'Artists Space.


